la corrida en trois actes

La corrida, rite sanglant réprouvé par 73 % des Français consiste à torturer six taureaux durant un quart d’heure chacun. En premier lieu, le picador enfonce une lance (jusqu’à trente centimètres de profondeur) et fouille la plaie, afin de cisailler le ligament de la nuque et contraindre l’animal à baisser la tête. Il ouvre ensuite la blessure en y plantant six harpons de sept centimètres : les banderilles.

L’animal est enfin mis à mort, au mieux d’un coup d’épée, mais c’est rarissime. Une épée plus courte et un poignard sont alors nécessaires pour porter les coups ultimes. Triste record détenu à ce jour : trente-quatre tentatives !

Affaiblir le taureau...

L’afeitado, procédé indigne, consiste à scier 5 à 10 cm de corne, à repousser la matière innervée vers la racine et à en refaire la pointe. Le taureau piégé, terrorisé, torturé, va subir cette terrible mutilation pendant près de vingt-cinq minutes. La physiologie de la corne étant similaire à celle de la dent, imaginez la même intervention sans anesthésie, les nerfs à vif !

Cette amputation est encore plus ignoble quand elle s’accompagne de l’implantation d’un petit morceau de bois afin d’éviter au sang de gicler. Plus on les « arrange » – terme employé par le torero – plus les taureaux tombent. Pour l’animal les cornes jouent en quelque sorte le rôle d’antennes, les raccourcir revient non seulement à lui ôter toute perception spatiale, mais aussi à le diminuer psychologiquement.  

Il s'agit d'une mutilation légalement pratiquée lors des festivals taurins ou corridas dites de « bienfaisance » au profit d’associations caritatives comme Trisomie 21, AIDES, Chrysalide, Sang pour sang, Sésame autisme, La Croix-Rouge, Ciel ou La Clé, afin de réduire les risques encourus par les toreros censés se produire à titre gracieux.

Des toreros qui peuvent gagner jusqu’à 400 000 euros pour une seule prestation, prennent de moins en moins de risques en exigeant ces amputations...

Nourris aux aliments composés, les animaux évoluent dans des espaces de plus en plus réduits et manquent de qualité musculaire. La plupart s’agenouillent, pitoyables, dès leur entrée en piste : un comportement que les commentateurs qualifient pudiquement de « faiblesse ».

Des sédatifs leur sont parfois administrés. Sur 6 000 taureaux tués en Espagne en 1997, quatre prélèvements sur vingt-sept ont révélé la présence de Fénylbutazona, utilisé pour dissimuler des boiteries et des traces de Flunixin, un anti-stress qui favorise l’endormissement ! Enfin, des autopsies en notre possession attestent qu’une proportion significative de taureaux est frappée de maladies invalidantes. Comment oser, dès lors, parler d’un combat d’égal à égal ?

Subventions, séduction et duperie

La promotion de la tauromachie s’infiltre partout, dans les établissements scolaires et même dans les hôpitaux. Des toreros offrent régulièrement à de jeunes malades un spectacle, sans effusion de sang, ce qui amène insidieusement les enfants à banaliser, voire apprécier la cruauté.

La corrida joue sur le registre pervers de la séduction : les couleurs, l’habit de lumière, le dépaysement, la fanfare. Tout est pensé afin d’occulter la réalité sanglante. Certains chroniqueurs taurins vont jusqu’à évoquer fallacieusement « ces taureaux que l’on ne tue pas » à l'occasion des corridas portugaises. Or, ces taureaux-là sont systématiquement trépanés, au pistolet d'abattage, dès leur retour au toril, loin des regards des spectateurs qui croient que le taureau aura la vie sauve !

On ne tue pas ce que l’on aime !

Or, la barbarie est indéfendable. Aucun argument ne résiste à un examen objectif. Importée d’Espagne il y a cent cinquante ans, la corrida ne fait nullement partie de nos traditions. Il faut être muni d’un dictionnaire pour en décoder le langage !

L’argument économique ne tient pas non plus : justifier la cruauté par l’argent reviendrait à remettre en cause l’essentiel d’une nation qui se prétend civilisée. Quant à la référence à l’art, elle relève d'une dialectique éculée qui ne fait plus illusion. Les noms de Victor Hugo, Courteline et Malraux, farouches opposants à la corrida, rayonnent au moins autant que ceux de Goya, Picasso ou Hemingway.


Enfin, eu égard à leur prétendu courage, rappelons qu'en 1992, à Saint-Sever, des toreros ont organisé une expédition punitive de nuit, par vengeance et par dépit : on leur avait préféré des tueurs espagnols. Au lieu d’affronter les véritables responsables, ils ont préféré poignarder lâchement les taureaux prévus pour la corrida du lendemain ! Denis Loré et Stéphane Meca, condamnés pour « destruction de biens mobiliers », sont devenus, par la suite des matadors vedettes !

Quant aux chevaux, que l’on n'évoque que rarement, leur sort n’est guère plus enviable (voir la page qui leur est consacrée).

Alors, à ceux qui prétendent aimer les taureaux et les chevaux, nous répondons : « On ne tue pas ce que l’on aime ! »

Soutenir l’Alliance Anticorrida,
c’est se faire entendre contre la barbarie  !