12/10/2020

Obstruction à l'Assemblée nationale

Alliance Anti-corrida

Il y a un an, Samantha Cazebonne, députée LREM, présentait un texte visant à « protéger les enfants de l’exposition à la violence exercée sur les animaux, y compris dans un contexte de tradition ». Le  8 octobre, saisissant l’opportunité de la proposition de loi « Bien-être animal », du groupe EDS, elle dépose un amendement dans ce sens. Porté par Cédric Villani, le texte devait être débattu à l’Assemblée nationale.

L’Alliance Anticorrida avait préalablement sensibilisé de nombreux élus, les incitant à « être présents pour changer le sort de milliers d’animaux et faire cesser le conditionnement des enfants à la violence ». À la dernière minute, l’amendement a été déclaré irrecevable au motif qu’il visait la protection des mineurs et non le bien-être animal.

Questionnée par les médias stupéfaits, Claire Starozinski, a évoqué de « possibles pressions au plus haut niveau de l’État ». Elle faisait allusion au goût pour la corrida affiché par plusieurs ministres, au rang desquels Jean Castex, Éric Dupond-Moretti, Geneviève Darrieussecq et Jacqueline Gourault. Manuel Valls avait bien affirmé à Midi Libre, en 2012 : « Plusieurs membres du Gouvernement sont aficionados. On a une capacité à bloquer tout projet éventuel. »

Les associations tauromachiques ont tenu à « remercier le Gouvernement et les députés qui ont manifesté leur attachement aux valeurs de la civilisation humaniste, résistant au maccarthysme honteux de la mouvance animaliste » (sic).

Malgré sa déception, Samantha Cazebonne s’est dite « rassurée par l’idée que ce texte trouve donc plus de légitimité dans la protection des droits de l’enfant, comme le demande le comité d’experts de l’ONU ». Elle remontera au créneau à l’occasion d’un projet de loi sur la protection des enfants que devrait présenter Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles.

Après le retrait de l’amendement, nouveau barrage. Le groupe Les Républicains a mis en œuvre tous les moyens d’obstruction pour empêcher le vote de la loi « Bien-être animal ». Exit les amendements sur l’élevage industriel, l’interdiction de la chasse à courre et des chasses dites « traditionnelles ».

À l’issue de la séance, Cédric Villani a prié Bérangère Abba, secrétaire d’État à la Biodiversité, de reprendre le texte à son compte. Ce à quoi elle s’est engagée. On garde par conséquent bon espoir de voir nos revendications légitimes aboutir.